Histoire

A la découverte de l’histoire du Château de Jumilhac

De l’Antiquité au Haut Moyen-âge

                A l’époque gallo-romaine, Jumilhac est un domaine agricole appartenant à un certain Gemilius (Gemilii Actum). Au fil de l’histoire il subira de nombreuses attaques : au Ve siècle (472), les Wisigoths, gagnant le nord de l’Aquitaine, s’emparent du site fortifié nommé Gemiliacum. En 508, les Francs y rebâtissent une place forte qui sera pillée par les Sarrasins en 730/732 puis détruite par les Vikings en 846. Ainsi commence l’histoire du Château.

 

Blason de Richard Coeur-de-Lion (1198-1199)

Le Moyen-âge

Trois siècles plus tard, influencée par les Croisades, une première tour maçonnée est édifiée en 1152. La place-forte de Jumiliacum est alors convoitée lors du premier conflit franco-anglais. Laissée en ruine par Richard Coeur-de-Lion, elle sera  reconstruite avant d’être attaquée et détruite par Philippe-Auguste, au début du XIIIe siècle. En 1258, un texte mentionne que la seigneurie de Jumilhac est entre les mains de trois familles : les La Porte, les Bruchard et les Teyssières. Lors de la guerre de Cent Ans, Du Guesclin assiège la forteresse en 1370 et en chasse les troupes anglaises du Prince Noir après dix années d’occupation.

De la Renaissance au XVIIème siècle

 

En 1579, Antoine Chapelle, riche maître de forges, épouse Marguerite de Vars, héritière d’une partie de Jumilhac. Il  achète ensuite, en juin 1581, la seconde partie du domaine. Il en rend hommage à son suzerain, le comte de Périgord, Henri de Bourbon (Henri III de Navarre). Ce dernier  devient  roi de France sous le nom d’Henri IV. En remerciement de son aide financière lors des troubles de la Ligue, il l’élève au rang de comte de Jumilhac (1597). Pour marquer ce nouveau statut, Antoine Chapelle fait ajouter les toitures ornées de faîtières allégoriques (seigneuriales et alchimiques) après avoir restauré pendant 20 ans le château féodal, métamorphosant ainsi la ruine en une demeure Renaissance.
Son petit-fils, François, est élevé au rang de Marquis (1655) pour ses hauts faits militaires. Il commence à restructurer le Château dans le goût du XVIIème siècle. Il transforme le premier étage du vieux château en appartements privés et salles de réception, les tours de défense et le mur d’enceinte les reliant en pavillons d’habitation et en courtine d’honneur. Quant aux ailes, il remanie les dépendances préexistantes du rez-de-chaussée en ailes XVIIème après les avoir surélevéesd’un étage.

Henri IV
Château de Jumilhac vue de la place
Gravure château de Jumilhac

De la Révolution au XIXème siècle

A la Révolution Française, le château et les terres seront mis sous séquestre, saisis comme  » bien d’absent « , Antoine-Pierre, Colonel-lieutenant de la Garde constitutionnelle de Louis XVI, ayant émigré en Angleterre tout en laissant son père, 4ème Marquis de Jumilhac en résidence surveillée à Paris. L’installation au château de la Municipalité et de la Société Populaire et la popularité des Jumilhac sauveront  le château de la destruction.
Au début du XIXème siècle,  Antoine-Pierre, devenu Marquis de Jumilhac, se consacre à l’élevage d’ovins et à l’agriculture, créant une exploitation modèle. Celle-ci ayant entièrement brûlée en 1808, il se réengage dans l’armée, sous les ordres de Napoléon Ier, poursuivant sa carrière commencée sous Louis XVI.

Marié à la sœur du Duc de Richelieu, il devient l’héritier présomptif de ce dernier dès 1811.
C’est pourquoi il vendra ses biens en Périgord, faisant sortir le château de la famille pour plus d’un siècle.

A la mort du duc, c’est le fils d’Antoine-Pierre qui héritera du titre: Duc de Richelieu et de Fronsac, Pair de France.

Ainsi, en 2 siècles et demi, les Jumilhac se sont hissé au sommet de l’aristocratie française !

 

Le XXème siècle

La propriété est alors vendue au Comte de Rochechouart qui s’y installera 40 ans jusqu’à sa mort en 1858. Après 4 ans d’indivision, elle passera à la famille Etienne, grands industriels sucriers de Nantes, puis par mariage à la famille Say (maintenant les sucres Begin-Say). Jean-Baptiste Say se sépare peu à peu avant la 1ère Guerre Mondiale des quelques 1.400 h de terres encore attachés au château avant de mettre le château en vente en 1915.

Racheté en 1917 par Monsieur Bernstein, marchand de biens, il devient conjointement en 1919 la propriété de deux Jumilhacois qui tenteront de le sauver de l’état d’abandon dans lequel il se trouvait. Trois familles habitaient individuellement les ailes et le vieux château au point d’élever un mur dans la cour d’honneur. Les arcades de la courtine hébergeaient les commerces du villages, l’entrée du château abritait la gare du chemin-de-fer à voie métrique qui reliait St Yrieix en Haute-Vienne à Thiviers. La salle d’accueil était le marchand de cycles et la boutique était le marchand de vin et spiritueux !

Carte postale ancienne château de Jumilhac
Carte postale ancienne château de Jumilhac
Château de Jumilhac vue du porche

Le retour dans la famille

C’est à la demande pressante de M. Georges BONNET, député de l’arrondissement et plusieurs fois ministre jusqu’en 1940, que le Comte Odet de Jumilhac et son épouse, Mathilde de Dreux-Brézé, rachètent le château familial en 1927.

Après de longues années de reprise du gros-œuvre, le château sera ouvert à la visite en 1964 et peu à peu restauré au point d’accueillir aujourd’hui près de 11.500 visiteurs par an. En l’an 2000, après 6 années de restructuration, les terrasses retrouvent leur aspect de jardins à la Françaises et sont désormais accessibles aux visiteurs. Et depuis 2002, dans l’aile gauche rénovée, le château peut accueillir dans les Salons Richelieu réceptions, séminaires, concerts, théâtres, …

Aujourd’hui, leur petit-fils : Henry de La Tour-du-Pin Jumilhac, 11ème Marquis du Nom, en est le dépositaire et continue avec abnégation et détermination l’œuvre de sa famille en vous faisant découvrir l’histoire de ce château de conte de fée.